• Logiciels libres ?

    Le Logiciel Libre pose une question : qui doit détenir les clés des outils qui font fonctionner une infrastructure numérique devenue omniprésente ? Dans les années 70, se fait jour un phénomène de privatisation du code qui compose les logiciels et l’inaccessibilité qui en est le plus souvent la traduction : ce code est devenu illisible. De savoir partagé, l’informatique est devenu un bien immatériel soumis à copyrigtht !

    Un américain, Richard Stallman, estime cette fermeture confiscatoire, dangereuse en l’absence de possibilité de contrôle et contre-productive du point de vue de la qualité et de l’adaptation des programmes comme du point de vue économique, l’absence de partage du code obligeant à la réinvention de la roue et menant à la constitution de monopoles. En créant la première licence libre en 1989, Richard Stallman invente le logiciel libre mais donne aussi l’impulsion à un renouveau des biens communs.

    Définition

    Les logiciels libres sont des logiciels qui peuvent être librement utilisés, étudiés, copiés, modifiés et même redistribués sous réserve que les mêmes libertés seront accordées. En un mot, ils sont des biens intellectuels mis en commun. Ils s’opposent aux logiciels privateurs dont le code est le plus souvent verrouillé, inaccessible, propriété exclusive d’une entreprise. Les formats libres qu’on oublie trop souvent de leur associer sont les méthodes complétement transparentes, librement utilisables et donc pérennes, par lesquelles des données sont sauvegardées. Ils s’opposent aux formats propriétaires, méthodes qui ne peuvent être mises en oeuvre normalement qu’au travers des logiciels choisis par la firme détentrice du format.

     Ce qu’ils représentent aujourd’hui

     En se fondant sur le modèle du savoir partagé qui a produit l’explosion des connaissances depuis le 16ème siècle, les logiciels libres ont connus une réussite qui ne se dément pas malgré bien des obstacles. Firefox, LibreOffice, VLC, qui ne connaît ces noms ? Sait-on que le système d’exploitation GNU/Linux fait tourner plus de 90% des 500 plus puissants ordinateurs du monde, une majorité des serveurs supportant l’infrastructure d’Internet, la plupart des box-Internet et des millions de PC particuliers ? De même, sans le caractère libre des protocoles d’échange, Internet ne se serait pas développé.

    Parce que l’ensemble du code qu’ils représentent est librement disponible, la possibilité demeure ouverte, à tout moment, de voir émerger sur ce terreau de nouvelles solutions, plus intelligentes, plus adaptées, plus économes, répondant à des besoins négligés, voire impensables avec le logiciel propriétaire.

    L’éco-système du Libre

    S’ils sont pour l’essentiel gratuits, cette gratuité n’est sans doute pas leur caractèristique principale. Il existe d’ailleurs une économie florissante du logiciel libre fondée sur le service et non la détention du code. L’important dans le logiciel libre, c’est la logique de partage. Partage et développement du code au sein des multiples communautés qui créent et enrichissent les logiciels ; partage de l’expérimentation et de la perception des besoins entre les utilisateurs.

    C’est dire que l’innovation peut ici ne pas dépendre de la seule rentabilité des éditeurs de logiciels propriétaires. L’objectif de ces derniers est de rendre les clients dépendants de leurs produits voire, de manière insidieuse, de canaliser le comportement des utilisateurs quand ce n’est pas de les surveiller. Derrière une innovation de façade, le système de l’appropriation intellectuelle du savoir génère des monopoles de fait qui rendent ce système coûteux pour tous, excluant pour beaucoup, insécurisant juridiquement pour les autres acteurs du domaine. En réalité, l’ensemble de la société subit une dépendance.

    Postérité du Logiciel Libre

    Parce qu’il a innové  dans le domaine juridique avec la création de la « Licence Libre » retournant contre lui-même le système du copyright, parce qu’il a montré la pertinence et l’efficacité des processus collaboratifs et non-appropriatifs, enfin parce que la problématique de l’appropriation et des phénomènes de monopolisation des savoirs se révèle aujourd’hui au grand jour dans tous les domaines : brevetage du vivant, semences, accès aux médicaments, création artistique,… le Logiciel Libre a une valeur d’exemplarité et a essaimé : CreativeCommons pour les oeuvres artistiques, plans de machines, …