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Création d’un serveur de paquets Emmabuntüs

Lors du Libre Samedi du 23 avril 2016, Emvivre nous a présenté comment mettre en place un serveur de paquets pour une distribution basée sur Debian. Les diapositives de sa présentation sont disponibles ici et leurs sources LaTeX .

Livreur de paquets
La livraison de paquets : une technique ancestrale

Il ne nous reste plus qu’à emprunter la machine à d’Ailleurs Solidaires pour la transformer en serveur de paquets Emmabuntüs, et ils pourront l’expédier au Népal pour que les écoliers puissent mettre à jour leurs ordinateurs portables. Simple comme bonjour !

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Ecole : s’équiper au top à peu de frais

C’est quoi votre quotidien TICE à l’école : trop peu de machines pour trop d’élèves ? des ordinateurs qui plantent sans cesse ou assez souvent pour provoquer le bazar dans vos séances ? des mises à jour à faire sur chacun des postes ? des données à rapatrier sur les machines de la classe ?

Non, non, la solution n’est pas de réclamer toujours, encore et souvent longtemps le renouvellement du parc de machines ! A la course à la puissance, nous préférons la solution du recours à l’intelligence logicielle, bien plus économique et écologique.

Abulédu, le serveur scolaire
Ce projet est né de la rencontre d’enseignants et de libristes. L’idée était de libérer les enseignants de ces « problèmes de tuyauteries » tout en proposant des contenus et des outils pédagogiques libres. Le principe technique est simple : une seule machine sur l’école (le serveur) concentre toute l’activité et toutes les données et les rend visibles sur les autres machines (appelé « clients ») via une connexion filaire. Qu’on soit en classe ou en salle informatique, il suffit de s’identifier pour accéder à son environnement de travail et à ses données. Il n’y a donc plus qu’une seule machine à gérer. Quand un « client » plante, soit il est mort (parce qu’il chauffe par exemple), soit on (l’enfant) se contente de se déconnecter-reconnecter.

Une solution logicielle écologique et économique
Les « clients » ne servant que d’interfaces pour gérer la connexion au serveur, la souris, l’écran et le clavier, presque tous les vieux coucous qui traînent dans les écoles vont convenir (sous réserve de compatibilité matérielle) tout en vous offrant les services d’un système récent. Sans même un serveur ultra-performant, on peut multiplier ces postes « clients » à travers l’école car les ressources requises par chacun sont limitées grâce aux performances de Linux.

Un outil pédagogique qui s’adapte
Abulédu offre bien plus qu’une simple série de jeux ou de logiciels. Les services sont multiples :
-un filtrage des sites Internet ;
-un environnement propre à chaque cycle ;
-des espaces de partage et une individualisation possible avec pour chaque enfant son mot de passe, son espace de travail…(cartable électronique) ;
-un site web interne (intranet).

Attention à néanmoins ne pas charger la barque, car, après, il vous faudra gérer. On peut se contenter d’un usage ultra-basique d’Abulédu, en maternelle notamment. La gestion se limite alors à éteindre et allumer le serveur pour les vacances et les jours d’orage ou de coupures électriques répétées (en tout cas, c’est ce que je fais) et, si l’on veut, à configurer les jeux.

Certains enseignants ont leurs habitudes en matière de logiciels. Abulédu permet qu’un ordinateur client continue de fonctionner sous Windows ou Mac. Dans ce cas, le serveur s’occupe uniquement de la connexion Internet et de l’accès aux données mais nullement du fonctionnement des applications.

principe_abuledu

Comment avoir Abulédu dans sa classe, son école ?
Abulédu est un logiciel libre gratuitement téléchargeable. Vous pouvez donc vous lancer dans votre coin en vous appuyant sur la communauté Abulédu. Si votre profil n’est pas du tout technique, il faudra recourir aux pros. Certains maîtres TICE connaissent désormais cette solution et pourront vous aider. Certaines sociétés de services proposent ou peuvent prendre en charge Abulédu. Mais ce n’est pas la majorité : les marchands de services informatiques « classiques » vivant grandement de la vente de matériel (un paradoxe !) et de logiciels (propriétaires) mais aussi du dépannage, un système ne coûtant rien et se montrant particulièrement stable n’a guère leurs faveurs. Un certain nombre ne connait d’ailleurs rien à Linux ou feint de ne rien y connaître. En revanche, le service informatique de la mairie, pour peu qu’il soit ouvert, ne devrait pas mal voir un solution qui lui évite de nombreuses interventions.

Donc, chaque école a ses besoins, chaque commune a son fonctionnement et je ne peux raconter que mon expérience personnelle. Après avoir découvert Abulédu et bien goûté au plaisir des multiples plantages de Windows en pleine classe, j’ai un jour péremptoirement demandé à la société titulaire du marché de services informatiques de m’installer un serveur Abulédu et de mettre les PC déjà présents en clients. Après un an, mes collègues ont voulu avoir des ordinateurs : on a fait un appel aux parents pour récupérer des machines inutilisés, au professionnel pour les installer.

Portable : faire sans disque dur

Le disque dur est un élément important de l’ordinateur, mais non essentiel. Or, il est souvent la première victime des traitements subis par les portables : chocs, échauffements, rupture brutale de l’alimentation. Le verdict des soi-disant professionnels tombe alors : « le disque dur est mort et le remplacer coûterait plus cher que d’acheter un neuf. » Cet article concerne ceux qui n’ont pas envie de tomber le piège du renouvellement accéléré (et programmé ?) des matériels et son corollaire, la production de déchets particulièrement toxiques pas vraiment recyclables.

Remplacer un disque de stockage par un autre disque de stockage
Par « disque dur », on désigne en fait une mémoire de stockage interne à la machine. Il contient, outre vos données, l’ensemble des programmes qui font fonctionner l’ordinateur. C’est pourquoi, s’il défaille, la machine ne démarre plus. Au-delà de la solution d’urgence que constitue le « Live », il est possible de fonctionner avec un autre disque de stockage, externe celui-là, tel un disque dur externe ou une clé USB. L’usage de ces supports se révèle d’autant plus pertinente que la vitesse des connections USB et celles des vitesses de transferts des supports eux-mêmes n’a cessé de croître.

Des distributions Linux légères et complètes
Contrairement à Windows qui, de version en version, s’alourdit considérablement, Linux et l’ensemble des logiciels qui sont souvent proposés avec (on parle alors de « distribution » Linux) réclament peu d’espace disque. Personnellement, j’utilise une clé au quotidien sur laquelle le système, la bureautique, l’internet, le lecteur de vidéo, Gimp, Scribus, Audacity… n’occupent que 5 Go. En tenant compte de l’espace libre nécessaire pour permettre au système de travailler, pour le prix d’une clé de 8 ou 16 Go, on peut conserver son matériel parfaitement fonctionnel et mobile.

Comment cela fonctionne-t-il ?
L’idée est simple : l’ordinateur doit se lancer (on dit qu’il « boote ») non sur le disque dur défaillant mais sur le support externe qu’on aura branché préalablement. C’est automatique quand le disque dur ne répond plus du tout et que la liste de « boot » est déjà configurée en ce sens. Sinon, il faudra exclure le disque dur (identifié par « HD ou DD ») de la liste de « boot » pour mettre le support externe en priorité ou en second après le lecteur de CD/DVD. Cela n’a rien de compliqué, mais si vous ne vous sentez pas compétent, sachez qu’un ami peut vous régler cela de façon définitive. En bref : en appuyant sur une des touches indiquées à l’écran au tout début du démarrage de la machine, on rentre dans le BIOS (le programme de démarrage de la machine) et on modifie l’ordre de « boot ». Ensuite, le système se lancera sur le support externe comme si de rien n’était. Vous prendrez bien soin de ne pas débrancher ce support tant que la machine est allumée.

Attention ! certaines machines refusent de poursuivre le démarrage en l’absence de disque dur interne. Il suffit souvent de taper sur la touche indiquée pour poursuivre.

Comment créer cette clé ?
Le plus simple est de partir d’un Live-CD/DVD, roue de secours de votre ordinateur. Une fois le démarrage terminé, vous insérez votre support externe (vide de préférence si vous n’avez pas l’expérience). Vous donnez alors l’ordre d’installer la distribution sur ce support que vous aurez bien identifié. Répondez à quelques questions et attendez, c’est automatique. A la fin, éteignez la machine normalement, rallumez-là en retirant immédiatement le CD/DVD. Une fois le système ouvert et la connexion internet branchée, faites les mises à jour requises puis installez les programmes dont vous avez besoin en veillant toutefois à ne pas excéder les capacités du support.

Et aussi sans écran, sans clavier et sans lecteur de disque, ça marche encore !
Bien sûr, sans ces éléments, on perd l’usage mobile de son portable. Mais pour beaucoup, le portable s’est transformé de longtemps en ordinateur de bureau. Dès lors, tous ces éléments satellites que sont l’écran, le clavier ou le lecteur de disque peuvent se remplacer facilement, et pour pas cher en se tournant vers l’occasion, par des matériels équivalents branchés sur la machine. Linux les reconnaîtra et vous pourrez continuer à l’utiliser encore de longues, longues années…