• Portable : faire sans disque dur

    par  • 24/02/2013 • Linux

    Le disque dur est un élément important de l’ordinateur, mais non essentiel. Or, il est souvent la première victime des traitements subis par les portables : chocs, échauffements, rupture brutale de l’alimentation. Le verdict des soi-disant professionnels tombe alors : « le disque dur est mort et le remplacer coûterait plus cher que d’acheter un neuf. » Cet article concerne ceux qui n’ont pas envie de tomber le piège du renouvellement accéléré (et programmé ?) des matériels et son corollaire, la production de déchets particulièrement toxiques pas vraiment recyclables.

    Remplacer un disque de stockage par un autre disque de stockage
    Par « disque dur », on désigne en fait une mémoire de stockage interne à la machine. Il contient, outre vos données, l’ensemble des programmes qui font fonctionner l’ordinateur. C’est pourquoi, s’il défaille, la machine ne démarre plus. Au-delà de la solution d’urgence que constitue le « Live », il est possible de fonctionner avec un autre disque de stockage, externe celui-là, tel un disque dur externe ou une clé USB. L’usage de ces supports se révèle d’autant plus pertinente que la vitesse des connections USB et celles des vitesses de transferts des supports eux-mêmes n’a cessé de croître.

    Des distributions Linux légères et complètes
    Contrairement à Windows qui, de version en version, s’alourdit considérablement, Linux et l’ensemble des logiciels qui sont souvent proposés avec (on parle alors de « distribution » Linux) réclament peu d’espace disque. Personnellement, j’utilise une clé au quotidien sur laquelle le système, la bureautique, l’internet, le lecteur de vidéo, Gimp, Scribus, Audacity… n’occupent que 5 Go. En tenant compte de l’espace libre nécessaire pour permettre au système de travailler, pour le prix d’une clé de 8 ou 16 Go, on peut conserver son matériel parfaitement fonctionnel et mobile.

    Comment cela fonctionne-t-il ?
    L’idée est simple : l’ordinateur doit se lancer (on dit qu’il « boote ») non sur le disque dur défaillant mais sur le support externe qu’on aura branché préalablement. C’est automatique quand le disque dur ne répond plus du tout et que la liste de « boot » est déjà configurée en ce sens. Sinon, il faudra exclure le disque dur (identifié par « HD ou DD ») de la liste de « boot » pour mettre le support externe en priorité ou en second après le lecteur de CD/DVD. Cela n’a rien de compliqué, mais si vous ne vous sentez pas compétent, sachez qu’un ami peut vous régler cela de façon définitive. En bref : en appuyant sur une des touches indiquées à l’écran au tout début du démarrage de la machine, on rentre dans le BIOS (le programme de démarrage de la machine) et on modifie l’ordre de « boot ». Ensuite, le système se lancera sur le support externe comme si de rien n’était. Vous prendrez bien soin de ne pas débrancher ce support tant que la machine est allumée.

    Attention ! certaines machines refusent de poursuivre le démarrage en l’absence de disque dur interne. Il suffit souvent de taper sur la touche indiquée pour poursuivre.

    Comment créer cette clé ?
    Le plus simple est de partir d’un Live-CD/DVD, roue de secours de votre ordinateur. Une fois le démarrage terminé, vous insérez votre support externe (vide de préférence si vous n’avez pas l’expérience). Vous donnez alors l’ordre d’installer la distribution sur ce support que vous aurez bien identifié. Répondez à quelques questions et attendez, c’est automatique. A la fin, éteignez la machine normalement, rallumez-là en retirant immédiatement le CD/DVD. Une fois le système ouvert et la connexion internet branchée, faites les mises à jour requises puis installez les programmes dont vous avez besoin en veillant toutefois à ne pas excéder les capacités du support.

    Et aussi sans écran, sans clavier et sans lecteur de disque, ça marche encore !
    Bien sûr, sans ces éléments, on perd l’usage mobile de son portable. Mais pour beaucoup, le portable s’est transformé de longtemps en ordinateur de bureau. Dès lors, tous ces éléments satellites que sont l’écran, le clavier ou le lecteur de disque peuvent se remplacer facilement, et pour pas cher en se tournant vers l’occasion, par des matériels équivalents branchés sur la machine. Linux les reconnaîtra et vous pourrez continuer à l’utiliser encore de longues, longues années…